Dernier jour de boulot pour Toyboy, il est parti tout content ce matin en sifflotant du hip-hop (super dur à faire). Bien qu’il ait de quoi vivre confortablement pendant les prochains mois, je sais exactement comment ça va se passer. Il va glander et jouer à l’ordi pendant une semaine, la deuxième semaine, il va commencer à s’ennuyer et la troisième, il va élaborer de grands projets pour devenir maître du monde. Quand il sera rendu à l’évidence que son plan ne marchera pas (il aura préalablement exposé sa stratégie à Gordon, mollement endormi au bord de la fenêtre après avoir ingurgité une boite de thon cheap), il recommencera à chercher du boulot.Après 2 ans et demi passés ici, il s’est enfin inscrit chez le médecin, qui lui a dit qu’il avait un poids parfait, et que ça faisait 4 ans qu’il n’avait pas vu ça. C’est un bon indicateur du catastrophique poids des gens en Angleterre, je n’avais vu ça qu’aux Etats-Unis. Les gosses obèses qui bouffent des chips à 8h du mat dans le bus, c’est très commun et ça me met hors de moi, j’ai tout le temps envie de crier comme une hystérique après les parents. Je ne suis pas anti-gros, je ne suis moi-même pas filiforme, mais contre la malbouffe, oui. Dans les supermarchés, j’ai déjà vu une fille d’environ 9-10 ans demander à sa mère, en pointant une tomate, ce que c’était (ce qui prouve qu’en plus, elle ne savait pas lire).
Donc bref, depuis que le médecin lui a dit ça, Toyboy se trouve plein d’excuses « Mais non je te dis que c’est pas grave si je mange le pot entier de Haagen Dazs framboise meringue, le médecin a dit que j’étais parfait ». Oui, oui, chéri.
J’allais écrire « Pour une fois qu’il fait beau… » mais en fait non car je vois à l’horizon des nuages noirs qui se profilent et qui annoncent « une grosse pluie dans ma gueule », le mot intempérie n’étant pas assez fort pour décrire ce qu’on se tape ici. En bon comité d’accueil, j’ai reçu le stagiaire français en lui disant « J’espère que tu aimes la pluie ». Il m’a regardé avec un air semi amusé pour satisfaire mon ego sarcastique et en sachant très bien que je ne mentais probablement pas.
Le week-end dernier, avec Maya et une autre fille, nous sommes allés combattre le mauvais temps en allant danser au Jamhouse, notre jeu préféré étant de commander des cocktails servis dans des verres plus ridicules et imposants les uns que les autres. J’ai grave gagné avec mon énorme verre triangle à la Miami Vice avec le parapluie en papier, la mini-paille et le flamand rose. Ensuite on s’est un peu moqué des anglais qui n’ont pas le rythme dans la peau du tout (à croire que quand Marvin Gaye passe, ils entendent Kraftwerk) (oui, se moquer, c’est mal et tout) et on a dansé chouettement jusqu’au bout de la nuit (mais en fait le bout de la nuit c’était 2h du matin dans ce club).
Ce soir, on va sûrement se faire une de nos fameuses soirées cuisine-passion en regardant des trucs super culturels, et demain, nous faisons visiter la ville au stagiaire en prenant soin qu’à la fin de la journée, il n’ait pas envie de se suicider. Puis je retrouverai Toyboy, ses parents et sa soeur dans un resto pour fêter la licence avec félicitations du jury de cette dernière. Je n’aime pas trop aller au resto avec les parents de Toyboy parce que sa mère est une végétarienne pratiquant le prosélytisme, ce que je déteste, et je me sens toujours coupable de commander de la viande. Pour être honnête, je crois que jamais je n’en ai demandé lorsque je suis allée manger avec eux. Mais là, je m’en fous, j’ai dépassé le stade où j’ai envie qu’ils m’aiment bien, je mangerai mon couscous avec 100 merguez et une grosse tête de mouton dessus que ça leur plaise ou non. Merde.
Dimanche, on range les pantoufles et la verveine et on va au jardin botanique pour une journée d’aventures incroyables sur le Alpine Yard et le Rhododendron Walk.
Avouez que ça fait rêver.
N'empêche que vous rigolerez moins quand Toyboy sera maitre du monde.
