
Le réchauffement climatique n’est pas passé par l’Angleterre, c’est officiel.
Hier, on a du faire du feu dans la cheminée. Un 10 juillet. J’ai du regarder « Mad Men » enroulée dans l’horrible couverture polaire rouge recouverte de poils de Gordon en maudissant ce satané pays où il fait rien qu’à pleuvoir pour m’embêter. Et je dis « satané » uniquement parce que j’essaye de travailler sur ma vulgarité, sinon crois moi que tu aurais eu du putain de con de bordel de pays.
En parlant de travailler sur moi, la psy m’a dit qu’il fallait que je travaille sur ma négativité. Moi, je ne me trouve pas négative du tout, je me trouve plutôt réaliste, on a quand même le droit d’être énervé par des trucs. Bon, moi je suis énervée par tout (mais surtout par tout le monde) mais c’est pas de ma faute, c’est juste que j’ai un seuil de tolérance peu élevé. Pourquoi devrais-je travailler sur ma négativité alors qu’à mon humble avis, ce serait bien plus judicieux si c’était les autres qui travaillaient à être moins insupportables ?
A la fin de ma séance vendredi dernier, la psy m’a tendu un papier. Je le déplie et je vois mon cauchemar : « Affirmations positives ». En gros, une phrase commence par « Mes amis trouvent que mes plus grandes qualités sont…. » et tu dois compléter par un truc positif. L’horreur, quoi. En plus d’avoir l’impression d’être en CE1, je me dis que c’est bien la peine d’avoir poursuivi 4 années d’études supérieures pour se faire humilier à remplir un questionnaire genre Bisounours et ses amis. Encore, si elle m’avait demandé de lui faire une dissertation sur la loi des trois états de Auguste Comte, là, bon d’accord, on aurait pu en débattre et tout mais cette forme primaire d’exercice me met hors de moi.
De plus, cette technique est censée me faire dire ce que je pense de moi, alors que je sais très bien ce que je pense de moi, et même si, ok, j’en conviens, j’ai une estime de moi-même très variable, ce n’est pas en écrivant que je fais super bien les cookies que je vais avoir une révélation.
Bref, je suis restée un peu interdite mais j’ai quand même pris son foutu papier et je suis partie râler intérieurement dans le bus. Une fois arrivée en ville, j’ai retrouvé Maya et je lui ai raconté le coup des affirmations positives. Du coup, elle m’a donné un chouette conseil « Ben, on va acheter une bouteille de vin et on le fera chez moi ce soir ».
C’est fou ce qu’on est super plus positif après une bouteille de vin quand même. J’ai complété toute la feuille en 2 minutes chrono de plein de choses positives et d’amour et de papillons. Et après on a rebu une autre bouteille de vin pour être encore plus positives mais ça n’a pas trop marché, après la deuxième bouteille, t’es juste bourré.
Le lendemain, je me suis dit que j’allais pas raconter à Toyboy que les affirmations positives m’avaient énervée parce qu’il aurait haussé les épaules. Je lui raconte toujours des anecdotes incroyablement intéressantes (qui se soldent en général par moi qui mouline plein des mains et des bras pour lui expliquer que « oui mais bon tu comprends, quand même les gens sont gonflés hein ! HEIN !») mais lui il trouve toujours que je fais une montagne de pas grand-chose alors que, objectivement, pas du tout, parce que bon, quand même, les gens sont gonflés.
Donc cette fois, je me suis dit que je pourrais avoir recours à sa participation, qu’il pourrait m’aider à y voir plus clair.
Pendant qu’il était à la salle de bains en train de se faire une beauté (ou caca mais j’ai l’esprit romantique), je lui crie (romantiquement) de notre lit :
« Diiiiiiiiiiiiiis, à ton avis, c’est quoi ma plus grande qualité ?
- Mmmm. Je dirais… tes fesses.
- Mais non euh, une QUALITE.
- Ah!Ok. Je peux en dire deux ?
- (super flattée) Oui oui, bien sur baby !
- Ben, tes seins.
- ........ »
Franchement, je suis pas certaine que ce soit moi qui ai besoin de la voir, cette psy.
