26/06/08

Tu seras vraiment heureux

Ce matin, en train d’écouter « California Stars » en allant au boulot, je pense à Toyboy qui m’avait dit que le premier signe de la folie c’était de parler tout seul ou de chanter dans la rue.

Les passagers des voitures qui arrivent à contresens de ma marche me voient lutter contre le vent tout en formant des mots silencieux avec ma bouche. Je garde mes écouteurs dans les oreilles jusqu’à ce que j’arrive à mon bureau où une journée grise m’attend, pas de california stars mais le bruit sourd des machines qui voyage à travers les murs de l’open space, les telephones qui sonnent continuellement et le claquement des doigts sur le clavier des ordinateurs désuets.

Je me motive en me disant que je ne suis plus là pour longtemps, 2 mois et demi et je serai loin, je n’aurai plus à subir les conversations sur Big Brother et les regards inquisiteurs du petit chef si j’arrive 3 minutes en retard. Je suis pour l’autogestion du travail, je ne vois pas pourquoi, si je fais ce que j’ai à faire et si je le fais bien, je devrais être traitée comme une gamine de maternelle.

Toyboy a commencé a accepté l’idée de peut-être revenir sur le continent. Le problème est qu’il ne peut pas dire non à tout. Dans deux semaines, il aura quitté son boulot, qui lui assurait une excellente sécurité financière, mais aussi un ulcère certain. D’ailleurs, depuis qu’il a donné sa démission, il a le sourire en permanence, ça me fait bizarre, je m’étais presque habituée à le voir faire la gueule. Pour un mec qui rêve d’avoir un magasin de vélos dans les Alpes, le monde est parfois cruel.

Mais bon, si il veut aller dans les Alpes, il va falloir qu’il y aille avec Annette, parce que moi, c’est non.

Quand on va chez Gap avec Maya, on rigole bien, non pas parce en pensant aux conditions de travail des enfants au Salvador (pour ça, on préfère Primark), mais à la femme Gap qui met des ensembles en lin blanc en été et qui fait pas caca (parce que c’est incompatible avec le lin blanc).

Personnellement, je n’aime pas le lin, parce qu’à moins de ne jamais bouger, ça fait plein de vilains plis (sauf sur la femme Gap, qui apparemment se ballade avec son fer et sa table à repasser), du coup tu as toujours l’air d’une vieille nappe. Bon, encore, le lin blanc sur une femme, c’est pardonnable mais alors un type en pantalon de lin blanc, ça craint. Surtout si il met des chaussures bateau avec.

Donc, homme qui me lit, si tu avais l’intention d’acheter un tel vêtement pour cet été, je te supplie de t’éloigner de l’ordinateur et de ne pas cliquer sur le bouton « acheter » sous peine de te retrouver sous les quolibets sur la plage cet été. Le pantalon de lin blanc, il n’y a que Julio Iglesias pour l’assumer.

Enfin je dois dire ça par pure jalousie parce que moi je ne suis pas une jeune femme éthérée et tu peux être sûr que si je porte un truc blanc, il y aura une grosse tache de n’importe quoi deux minutes après.

Et surtout, parce qu’ici, l’été n’existe pas.