
Au bureau, en train de manger des papillottes Révillon, bien connues pour leurs citations reprises par Jennifer ("Ce qui ne me tue pas me rend fort"- dans une de ses chansons. J'imagine bien Nietzsche en couverture de Star Ac Magazine "Nietzsche, le parolier ultramégatoptendance te livre ses secrets de beauté") et TF1 ("Le meilleur moyen de résister à la tentation c'est d'y céder", Orson Welles, qui doit se retourner dans sa tombe en voyant que la tentation est une pouffe siliconée de Nice). La papillotte Révillon ou comment briller en société sans avoir jamais ouvert un bouquin.
Mais passons car je dois raconter une anecdote qui prouve une fois de plus mon décalage avec le monde qui m'entoure.
Une fois par mois, May et quelques amies se réunissent pour passer une petite soirée ensemble, manger, boire, parler, écouter de la musique, etc.... Hier soir, j'ai été invitée pour la deuxième fois et j'avais lancé l'idée que chacune de nous amène un cadeau à moins de 5 euros, ce qui fut accepté dans la joie la plus vive ("ouais. super.")
Je fais donc quelques magasins jusqu'à trouver la perle rare: le père Noël qui fait caca des bonbons (cf photo ci dessus). Tu lui mets des bonbons par une petite trappe qui s'ouvre dans le dos, tu lui appuies sur la tête et hop! le miracle se produit. La classe quoi. 4 euros 50, juste dans le prix, je demande un paquet et repart, plutôt fière de ma trouvaille.
Arrive la soirée, qui se passe donc chez May. Au programme, menu diététique (saumon, raclette, gâteau au chocolat, vin blanc) et bavardages en tout genre. Je m'étonne même de ma capacité à passer une soirée entre filles. Mais c'est très agréable et je compte bien en profiter.
Puis quelqu'un lance "Bon, on s'offre les cadeaux?". Pour me dédouaner et en riant sous cape à l'avance de mon présent, je dis "Celle qui aura le mien aura vraiment pas de chance!".
On fait des petits papiers afin de faire un tirage au sort et on commence la distribution.
Quand tout le monde a son cadeau, on déballe les paquets. J'ouvre le mien et découvre 6 tasses à café Ikea, très jolies, et je suis soudain prise d'un doute: en levant les yeux sur les autres convives, je découvre des colliers, bracelets et autres jolies choses, à moins de 5 euros certes, mais jolies.
Et là, je sens mon visage se blémir lorsque mon regard se pose sur la fille dépitée qui tient entre les mains mon père Noël qui fait caca.
Je hais Noël.
Je hais la vie.
